Single Blog Title

This is a single blog caption

Essais de résistance de contact dynamique lors de la fermeture d’un disjoncteur

Essai dynamique de résistance de contact lors de la fermeture d’un disjoncteur

La mesure de résistance dynamique (DRM) pendant la fermeture d’un disjoncteur est une méthode de diagnostic précieuse pour les disjoncteurs moyenne et haute tension. Elle aide les techniciens à comprendre comment la conduction électrique s’établit pendant l’opération de fermeture, comment les contacts se comportent au premier toucher, si un rebond de contact se produit, et si la résistance de contact finale se stabilise correctement.

Cet article explique pourquoi la DRM en fermeture doit être considérée conjointement avec la DRM en ouverture, en particulier dans les procédures avancées de tests de disjoncteurs impliquant chronométrage, course, mesure de résistance de contact et analyse de la résistance de contact dynamique.


1. Objectif de la DRM lors de la fermeture d’un disjoncteur

L’objectif de la DRM en fermeture est d’évaluer le comportement électrique du disjoncteur pendant que les contacts se déplacent vers la position fermée. Contrairement à un test statique de résistance de contact, qui ne mesure que l’état final fermé, la DRM fournit une vue dynamique de la séquence de fermeture.

Pendant l’opération de fermeture, le test peut révéler :

  • l’instant du premier contact électrique ;
  • le comportement du contact d’arc ou contact d’amorçage ;
  • le transfert de conduction du contact d’arc vers le contact principal ;
  • le rebond de contact ou des réouvertures momentanées ;
  • une résistance de contact finale élevée ;
  • un fonctionnement incorrect des résistances de pré‑insertion, le cas échéant ;
  • la corrélation entre le comportement électrique, la course des contacts et la temporisation du disjoncteur.

2. Principe de connexion pour l’essai DRM

Dans de nombreux dispositifs de test DRM, la source de courant continu, les voies de mesure de tension, la mesure de courant et les fonctions d’acquisition sont intégrées dans le même instrument. L’équipement injecte un courant continu à travers le disjoncteur et mesure la tension en utilisant des connexions Kelvin. À partir de ces signaux, la résistance dynamique est calculée comme suit :

R(t) = V(t) / I(t)

Le capteur de course est mécaniquement couplé au mécanisme du disjoncteur ou à la tringlerie du contact mobile. Son signal électrique est connecté à l’entrée d’acquisition de la DRM. Le capteur ne doit pas être interprété comme faisant partie du circuit principal de courant.

Schéma de connexion recommandé pour la DRM lors de la fermeture d’un disjoncteur
Figure 1. Schéma de connexion recommandé pour la DRM lors de la fermeture d’un disjoncteur.

3. Pourquoi réaliser la DRM en fermeture et pas uniquement en ouverture ?

Les DRM en ouverture et en fermeture fournissent des informations complémentaires. La DRM en ouverture montre principalement comment les contacts se séparent et comment le courant se transfère vers les contacts d’arc. La DRM en fermeture montre comment la conduction s’établit, comment les contacts percutent, si un rebond se produit, et si le contact principal atteint un état stable à faible résistance.

Mesurer uniquement en ouverture peut faire manquer des défauts qui apparaissent pendant l’opération de fermeture. Parmi les exemples : premier toucher instable, rebond de contact excessif, amortissement insuffisant, pression finale insuffisante, transfert irrégulier vers le contact principal et temporisation incorrecte de la résistance de pré‑insertion.

Aspect évalué DRM en ouverture DRM en fermeture
Phénomène principal Séparation des contacts et transfert du courant vers les contacts d’arc. Établissement de la conduction : premier contact, contact d’arc, recouvrement et contact principal.
Défauts les plus visibles Usure du contact d’arc, séparation irrégulière et problèmes de synchronisme à l’ouverture. Rebond de contact, impact irrégulier, mauvaise pression finale, transition instable et problèmes de temporisation des PIR.
Informations mécaniques Relation entre séparation, vitesse et durée de conduction des contacts d’arc. Relation entre approche, impact, rebond, amortissement et stabilisation finale.
Risque si non mesuré Une anomalie liée à la séparation peut être manquée. Une fermeture instable peut être ignorée même si l’ouverture semble acceptable.

4. Interprétation d’une courbe DRM de fermeture saine

Une courbe DRM de fermeture saine contient généralement quatre zones principales :

  1. Circuit ouvert : le disjoncteur est ouvert et il n’existe aucun chemin conducteur.
  2. Premier contact : le premier contact électrique mesurable apparaît, normalement via le contact d’arc.
  3. Transfert / recouvrement : la conduction se transfère progressivement vers le contact principal.
  4. État final fermé : la résistance se stabilise à une valeur faible et reproductible.

Lorsque le disjoncteur est ouvert, la résistance doit être représentée comme R = ∞ ou hors de plage mesurable. Elle ne doit pas être forcée à une valeur finie arbitraire telle que 106. La courbe de résistance ne doit commencer que lorsqu’un chemin conducteur existe.

Schéma de connexion recommandé pour la DRM lors de la fermeture d’un disjoncteur
Figure 2. Graphe typique de DRM en fermeture.

5. Lecture des zones de la courbe DRM

Zone Phénomène Unités / représentation Comportement attendu Indication en cas d’anomalie
Ouvert Aucun chemin conducteur n’existe. R = ∞ / hors de plage. Temps en ms. Aucune valeur de résistance finie n’est attribuée. Fuite inattendue, contamination sévère ou problème de connexion de test.
Premier contact Contact initial, normalement via le contact d’arc. Ω, mΩ ou µΩ selon la méthode et la résolution. Chute de résistance nette et reproductible. Retard, absence de chute, événement instable ou dispersion excessive.
Transfert / recouvrement Transfert vers le contact principal. R(t) en Ω, mΩ ou µΩ ; durée en ms. Transition cohérente sans pics injustifiés. Désalignement, rebond, usure irrégulière ou mauvais synchronisme.
Fermé final Conduction via le contact principal. Généralement µΩ ou mΩ. Résistance faible, stable et reproductible. Contact encrassé, pression insuffisante, corrosion, dommage ou mauvaise connexion Kelvin.

6. Anomalies typiques détectées pendant la DRM en fermeture

6.1 Rebond de contact

Le rebond de contact apparaît sous forme de pics de résistance ou de réouvertures momentanées après le premier contact. Il peut être dû à un mauvais amortissement, à la fatigue du mécanisme, à une vitesse de fermeture incorrecte, à des problèmes de réglage mécanique ou à des problèmes de synchronisme entre pôles.

C’est l’une des raisons les plus importantes de réaliser une DRM en fermeture, car le rebond de contact peut ne pas être visible lorsque seule la DRM en ouverture est effectuée.

Rebond de contact lors d’un essai de résistance de contact dynamique sur un disjoncteur

Figure 3. Rebond de contact lors de la fermeture d’un disjoncteur.

6.2 Contact d’arc usé

Une zone de conduction du contact d’arc très courte peut indiquer une usure ou une érosion excessive du contact d’arc. Cela doit être confirmé en comparant le résultat avec des courbes historiques, les autres pôles du même disjoncteur et les références du fabricant.

Durée réduite de conduction du contact d’arc pendant un essai de résistance de contact dynamique de disjoncteur

Figure 4. Diminution de la durée de conduction du contact d’arc lors d’un essai DRM en fermeture.

6.3 Résistance finale de contact élevée

Si le disjoncteur termine l’opération de fermeture mais que la résistance finale reste plus élevée que prévu, la cause probable est liée aux contacts principaux. Les causes possibles incluent contamination, oxydation, pression de contact insuffisante, détérioration de surface ou mauvaise connexion de test.

Avant de conclure que le disjoncteur présente un défaut interne, les techniciens doivent vérifier la qualité des pinces, des câbles de courant et des points de mesure de tension Kelvin.

Résistance finale de contact élevée lors d’un essai DRM de fermeture de disjoncteur

Figure 5. Résistance finale de contact élevée lors de la fermeture d’un disjoncteur.

6.4 Disjoncteurs avec résistances de pré‑insertion

Dans les disjoncteurs équipés de résistances de pré‑insertion, un plateau intermédiaire peut apparaître avant la fermeture du contact principal. Ce plateau permet de vérifier que le contact de PIR fonctionne correctement, que sa durée est cohérente et que la séquence de fermeture est correcte.

Courbe de résistance de contact dynamique avec plateau de résistance de pré‑insertion lors de la fermeture d’un disjoncteur

Figure 6. Courbe DRM avec plateau de PIR.

7. Corrélation avec la course, la temporisation et le synchronisme

Dans la mesure du possible, la DRM doit être enregistrée conjointement avec la course des contacts, la vitesse, la temporisation des bobines et le synchronisme des pôles. Cela permet d’identifier l’instant exact du premier contact, d’estimer la durée de conduction du contact d’arc et de distinguer les problèmes électriques des problèmes mécaniques.

En fermeture, cette corrélation est particulièrement utile pour différencier un véritable événement sur le contact principal d’un bruit, d’une mauvaise connexion ou d’un rebond de contact.

Schéma de connexion recommandé pour la DRM lors de la fermeture d’un disjoncteur
Figure 7. Corrélation entre DRM et course.

8. Courant de test et unités

Le test DRM est réalisé en injectant un courant continu à travers le disjoncteur pendant son fonctionnement et en enregistrant simultanément la tension et le courant. Il n’existe pas de valeur de courant universelle valable pour tous les types de disjoncteurs et toutes les méthodes.

  • 100 A DC peuvent être suffisants pour certaines mesures si l’instrument possède une bonne résolution.
  • 300 à 600 A DC peuvent être appropriés lorsque l’on nécessite une résolution plus élevée ou que l’on s’attend à des résistances très faibles.
  • Le courant d’essai final doit suivre les recommandations du fabricant du testeur, la procédure de maintenance et la technologie du disjoncteur.
  • Le temps doit normalement être exprimé en millisecondes.
  • La résistance de contact finale doit normalement être exprimée en µΩ ou mΩ.
  • L’état ouvert doit être représenté comme R = ∞ ou hors de plage mesurable.

9. Critères pratiques d’acceptation

Les critères suivants doivent être utilisés comme lignes directrices, et non comme limites absolues universelles :

  • courbe reproductible sur des manœuvres successives du même pôle ;
  • symétrie raisonnable entre les pôles d’un même disjoncteur ;
  • chute initiale nette, cohérente avec le premier contact ;
  • zone de transition sans pics, interruptions ou plateaux injustifiés ;
  • résistance de contact finale faible et stable ;
  • durée de PIR, le cas échéant, compatible avec la conception du disjoncteur ;
  • cohérence entre la courbe DRM, la course des contacts, la temporisation des bobines, la vitesse et le synchronisme ;
  • cohérence entre DRM en ouverture et DRM en fermeture.

10. Limitations du test

La DRM ne remplace pas l’inspection interne lorsqu’il existe des symptômes sévères ou des résultats contradictoires. Elle ne doit pas être interprétée isolément s’il existe des doutes concernant les connexions de test, la saturation de l’instrument, le bruit électrique, une mauvaise répétabilité ou l’absence de référence historique.

Les figures et valeurs utilisées dans cet article sont illustratives. Sur le terrain, le diagnostic final doit être basé sur les courbes réelles, l’historique de maintenance du disjoncteur, la comparaison entre pôles et les recommandations du fabricant.


11. Conclusions

L’essai de résistance de contact dynamique lors de la fermeture d’un disjoncteur est une méthode de diagnostic puissante pour évaluer comment la conduction s’établit dans les disjoncteurs moyenne et haute tension. Il fournit des informations sur les contacts d’arc, les contacts principaux, le rebond de contact, le transfert de conduction et le comportement des résistances de pré‑insertion.

Réaliser la DRM à la fois en ouverture et en fermeture donne un panorama de diagnostic plus complet que le test en ouverture seul. La DRM en ouverture montre comment les contacts se séparent ; la DRM en fermeture montre comment ils se rapprochent, percutent, rebondissent et se stabilisent.

Pour obtenir des résultats fiables, les techniciens doivent utiliser un courant de test adéquat, vérifier les connexions Kelvin, enregistrer la course des contacts lorsque c’est possible, représenter correctement l’état ouvert comme R = ∞, et comparer les résultats avec les courbes historiques ou les références du fabricant.

Contact

CONTACT
Fermer